Auteurs

alfred-mercier-bio.jpg

Alfred Mercier

(1816-1894)

     Médecin et écrivain dont la carrière représente le point culminant de la littérature créole, Alfred Mercier naquit le 3 juin 1816, à McDonoghville. Après avoir passé une partie de sa jeunesse en voyage en Europe où il fréquenta des milieux romantiques et progressistes, Mercier et sa famille se rendirent à la Nouvelle-Orléans. Là, Mercier gagna sa vie grâce à la médicine et s'impliqua dans la scène littéraire franco-louisianaise.  En 1875, il fonda l'Athénée louisianais, association qui avait comme but de promouvoir la langue et la culture françaises. L'Athénée commença à publier les Comptes rendus en 1876. 

     La période après 1873 était particulièrement féconde pour Mercier homme de lettre. Il publia plusieurs œuvres : Le Fou de Palerme en 1873, La Fille du prêtre en 1877, son « Étude sur la langue créole en Louisiane » en 1880, son chef d'œuvre L'Habitation Saint-Ybars en 1881, Émiles des Ormiers, paru comme feuilleton dans Le Franco-louisianais en 1886, Fortunia, un drame, en 1888, et Johnelle en 1891. Tout cela sans mentionner ses poésies et ses nombreuses études scientifiques et sociales. Mercier consacra ses dernières années à la sauvegarde de la culture créole en Louisiane, s'opposant à la politique monoculturaliste anglophone qui menaçait la langue française depuis la guerre civile. Il est décédé le 12 mai 1894.   

(L'Habitation Saint-Ybars, Les Éditions Tintamarre)

delahoussaye-bio.jpg Sidonie de La Houssaye

(1820-1894)

     Sidonie de la Houssaye, née Hélène Perret, a vu le jour le 17 août 1820 à Edgar, sur l'habitation de son père. De toute evidence, grâce à la fortune confortable de sa famille, l'enfance de a été heureuse et sans grandes difficultés. Les parents de la petite Hélène avaient tôt fait des plans pour leur fille aînée. Sidonie a épousé Louis Pelletier de La Houssaye à l'église de la ville de Saint-Martin (près de Lafayette) le 3 décembre 1833. Les mariages étaient précoces dans sa famille puisque sa mère s'est mariée aussi à l'âge de treize ans.

     Entre 1836 et 1845 Sidonie a donné naissance à six enfants. De ces six enfants, seulement deux ont survécu, sa fille Lilia Maria (née en 1843), et son fils, Ludovic (né en 1845). Les autres quatre enfants se sont éteints avec leur mère à leur chevet.

     Aux années 1840, la vie de Sidonie et son mari a commencé à se degrader financièrement. Le 29 décembre 1847, Sidonie a déposé en cour une plainte contre son mari, Louis. Il avait vendu quatre esclaves (apportés dans la communauté du mariage par Sidonie) pour rembourser des dettes personnelles. Sidonie a pris le contrôle de ses biens et s'est mise à son propre compte, ce qui était rare pour une jeune femme de vingt-sept ans. 

     En 1849, Sidonie de La Houssaye a ouvert une école pour jeunes filles, The Young Lady's Academy. Bien que l'école connaisse un grand succès, elle ferme 13 ans plus tard, victime, parmi tant d'autres, de la Guerre de Sécession. Emportée par la guerre, la fortune de la famille s'est écroulée entre 1862 et 1865. En 1863, la mort de son mari s'est ajoutée aux difficultés de Sidonie.

     Après ces lourdes pertes, Sidonie de La Houssaye s'est consacrée à l'écriture. Son premier roman, le Mari de Marguerite, a été publié en 1883. Pour Sidonie de La Houssaye, la pratique de l'écriture était plus qu'un passe-temps, c'était un gagne-pain.  Octavia la quarteronne a été publié en 1894. Nous savons peu de choses sur la réception du roman à l'époque. John Perret précise toutefois, d'après des documents familiaux, que les Quarteronnes de la Nouvelle-Orléans ont causé un scandale, en particulier parce que l'auteure s'était inspirée de sa généalogie familiale pour broder sa fiction. Le 16 février de 1894, Sidonie de La Houssaye est morte. Violetta la quarteronne, Gina la quarteronne et Dahlia la quarteronne ont été publiés à titre posthume entre 1894 et 1898. 

(adapté de l'introduction des Quarteronnes: Octavia et Violette, Les Éditions Tintamarre)